Publié le 2 février 2026
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Mis à jour le 17 septembre 2026
le 20 novembre 2026
Campus Porte des Alpes
Vendredi 20 novembre 2026
Approche interdisciplinaire de l’anglais comme langue de travail en France La linguistique appliquée, les sciences de gestion et autres sciences sociales comme vecteurs de caractérisation
Présentation
L’étude de l’anglais comme langue de travail dans les organisations constitue, dès les années 1980 un champ de recherche interdisciplinaire fertile et prometteur. À cette époque, les organisations connaissent une internationalisation croissante, favorisée par l’émergence de nouveaux moyens de communication qui participent au développement du travail en réseau et au management d’équipes à distance. Depuis ces premiers développements, de nouvelles formes de communication sont apparues, notamment grâce aux outils collaboratifs tels que les intranets ou la visioconférence. Les outils linguistiques, désormais intégrés au quotidien des professionnels qui évoluent en contexte international, facilitent l’usage de l’anglais, notamment grâce aux dispositifs d’aide à la compréhension et à la production de documents (traduction automatique, IA intégrée). Au-delà de ces facteurs technologiques, la diffusion de l’anglais au travail s’explique également par le parcours scolaire et universitaire des acteurs. Aujourd’hui, de nombreux professionnels ont bénéficié de formations en anglais, certains ayant même acquis une expérience internationale.
En sciences de gestion, la plupart des travaux envisagent la langue comme un facteur de fonctionnement organisationnel ou comme un outil de diffusion de l’information (anglais véhiculaire). Les recherches sur l’anglais comme langue de travail couvrent divers champs : stratégie des organisations, politiques RH, management interculturel. Parmi les thématiques privilégiées figurent la culture (identité, relations de pouvoir, accommodation culturelle, conflits interculturels, dilemmes culturels), les modes de management (hybride, à distance, leadership, performance des équipes interculturelles), le développement stratégique (stratégie d’internationalisation, interprétation et diffusion de la stratégie), ou encore l’intervention de l’anglais dans le recrutement et la mobilité. La maîtrise d’une langue étrangère crée soit des « couloirs de connaissances » (Hurmerinta et al. 2015), qui favorisent la saisie d’opportunités par les décideurs, soit un plafond de verre pour les professionnels dont la compétence linguistique est insuffisante. Plus particulièrement, la diversité linguistique au sein des organisations est souvent étudiée comme une source de malentendus et d’obstacles à la coopération (Bartel-Radic 2014 ; Davila et Point 2016 ; Meier 2024). Dans ce contexte, la maîtrise de l’anglais devient un capital symbolique, pouvant devenir un outil ou un marqueur de pouvoir, voire de hiérarchie (Saulière 2014). Les questions relatives au langage commun, à sa maîtrise et à son impact sur la performance et la cohésion des collectifs de travail sont également centrales (Davila et Point 2016 ; Chanlat 2014). Enfin, d’autres travaux (Kulkarni 2015, Gardody et al. 2025) s’intéressent au plurilinguisme et aux problématiques liées à la cohabitation entre une langue locale et une langue commune considérée comme officielle dans les entreprises internationales.
En linguistique appliquée, les travaux sur l’anglais comme langue de travail sont nés aux États-Unis, autour des concepts de « business communication » et de « genres organisationnels » (Yates et Orlikowski 1992). Ils ont ensuite connu un fort développement international, en particulier en Europe, où le concept de Business English as a Lingua Franca (BELF, Nickerson 2005), cristallise les problématiques d’internationalisation et de multilinguisme en entreprise. Les travaux abordent à la fois les genres écrits tels que la correspondance électronique et les genres oraux tels que les réunions ou les conversations, à partir de données recueillies sur le terrain, puis constituées en corpus (voir par exemple, le corpus VOICE, Vienna-Oxford International Corpus of English, dont une partie est entièrement consacrée aux échanges professionnels). Les analyses portent généralement sur les dynamiques d’interaction (Hofweber et Jaworska 2022), en particulier le phénomène de négociation de sens entre locuteurs de cultures nationales parfois très éloignées. Elles mobilisent des cadres tels que la sociolinguistique (dynamiques de pouvoir liées à la culture nationale, au genre ou à la position hiérarchique), l’analyse de genre (types de discours menant à la réalisation d’actions professionnelles) ou des approches ethnographiques fondées sur des entretiens (Takino 2019). Ces travaux montrent que l’organisation constitue un cadre pragmatique particulier où l’anglais remplit des fonctions communicatives orientées à la fois sur les aspects culturels et opérationnels. Certes l’anglais sert à atteindre des objectifs professionnels, mais il est aussi vecteur d’une culture d’entreprise internationale et d’un cadre normatif où l’acceptabilité des usages tend à être corrélée à la performance.
En sciences de gestion, la plupart des travaux envisagent la langue comme un facteur de fonctionnement organisationnel ou comme un outil de diffusion de l’information (anglais véhiculaire). Les recherches sur l’anglais comme langue de travail couvrent divers champs : stratégie des organisations, politiques RH, management interculturel. Parmi les thématiques privilégiées figurent la culture (identité, relations de pouvoir, accommodation culturelle, conflits interculturels, dilemmes culturels), les modes de management (hybride, à distance, leadership, performance des équipes interculturelles), le développement stratégique (stratégie d’internationalisation, interprétation et diffusion de la stratégie), ou encore l’intervention de l’anglais dans le recrutement et la mobilité. La maîtrise d’une langue étrangère crée soit des « couloirs de connaissances » (Hurmerinta et al. 2015), qui favorisent la saisie d’opportunités par les décideurs, soit un plafond de verre pour les professionnels dont la compétence linguistique est insuffisante. Plus particulièrement, la diversité linguistique au sein des organisations est souvent étudiée comme une source de malentendus et d’obstacles à la coopération (Bartel-Radic 2014 ; Davila et Point 2016 ; Meier 2024). Dans ce contexte, la maîtrise de l’anglais devient un capital symbolique, pouvant devenir un outil ou un marqueur de pouvoir, voire de hiérarchie (Saulière 2014). Les questions relatives au langage commun, à sa maîtrise et à son impact sur la performance et la cohésion des collectifs de travail sont également centrales (Davila et Point 2016 ; Chanlat 2014). Enfin, d’autres travaux (Kulkarni 2015, Gardody et al. 2025) s’intéressent au plurilinguisme et aux problématiques liées à la cohabitation entre une langue locale et une langue commune considérée comme officielle dans les entreprises internationales.
En linguistique appliquée, les travaux sur l’anglais comme langue de travail sont nés aux États-Unis, autour des concepts de « business communication » et de « genres organisationnels » (Yates et Orlikowski 1992). Ils ont ensuite connu un fort développement international, en particulier en Europe, où le concept de Business English as a Lingua Franca (BELF, Nickerson 2005), cristallise les problématiques d’internationalisation et de multilinguisme en entreprise. Les travaux abordent à la fois les genres écrits tels que la correspondance électronique et les genres oraux tels que les réunions ou les conversations, à partir de données recueillies sur le terrain, puis constituées en corpus (voir par exemple, le corpus VOICE, Vienna-Oxford International Corpus of English, dont une partie est entièrement consacrée aux échanges professionnels). Les analyses portent généralement sur les dynamiques d’interaction (Hofweber et Jaworska 2022), en particulier le phénomène de négociation de sens entre locuteurs de cultures nationales parfois très éloignées. Elles mobilisent des cadres tels que la sociolinguistique (dynamiques de pouvoir liées à la culture nationale, au genre ou à la position hiérarchique), l’analyse de genre (types de discours menant à la réalisation d’actions professionnelles) ou des approches ethnographiques fondées sur des entretiens (Takino 2019). Ces travaux montrent que l’organisation constitue un cadre pragmatique particulier où l’anglais remplit des fonctions communicatives orientées à la fois sur les aspects culturels et opérationnels. Certes l’anglais sert à atteindre des objectifs professionnels, mais il est aussi vecteur d’une culture d’entreprise internationale et d’un cadre normatif où l’acceptabilité des usages tend à être corrélée à la performance.
Programme de la journée d'étude
Programme à télécharger| 9h | Accueil et ouverture de la journée Maud Damperat (directrice de COACTIS), Pascaline Dury (directrice du CeRLA), Claudine Gay (directrice de l’IUT), Philippe Millot et Pascal Moulette (co-porteurs du projet BELFAURA) |
| 9h30 | Adam Wilson & Nicolas Molle, Université de Lorraine Quel(s) anglais pour répondre aux transformations du travail ? Les attentes linguistiques chez les équipes de recrutement dans les cabinets juridiques transnationaux |
| 10h30 | Pause-café / Salle 1.018 |
| 11h | Danielle A. Taylor, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne & L. Martin Cloutier, Université du Quebec à Montréal Knowledge, Skills and Abilities for Global Virtual Teams: a Language and Communication Perspective |
| 11h30 | Estelliane Kermagoret, Université Paris Nanterre English as a Corporate Language and the Well-Being of Non-Native English Speakers within Organizations |
| 12h | Pause déjeuner - Bibliothèque Bâtiment 1 |
| 13h30 | Anne Przewozny-Desriaux , Université Toulouse Jean Jaures English as a Lingua Franca and World Englishes: a Sociolinguistic Look at Wave Patterns, Ramifications and Usage in some Specialized Contexts |
| 14h30 | Philippe Millot et Pascal Moulette, Université Lumière Lyon 2 Projet BELFAURA : La pratique et les finalités de l'anglais en entreprise, quelques résultats d'une enquête menée au sein de la région AURA |
| 15h | Pause-café / Salle 1.018 |
| 15h30 | Table ronde : Financer une recherche interdisciplinaire sur les dimensions langagières du travail et des organisations. Quels dispositifs ? Quels objectifs ? Michael Berthet (responsable du service Ingénierie de projets et partenariat, Université Lumière Lyon 2) et Séverine Wozniak (directrice adjointe du CeRLA). Modération : Philippe Millot et Pascal Moulette |
| 16h | Clôture de la journée |
Références
- Brannen, Mary Yoko, Rebecca Piekkari, et Susanne Tietze. 2017. “The Multifaceted Role of Language in International Business: Unpacking the Forms, Functions and Features of a Critical Challenge to MNC Theory and Performance.” In Language in International Business: Developing a Field, edited by Mary Yoko Brannen, and Terry Mughan,139‑162. Cham: Springer International Publishing.
- Bartel-Radic, Anne. 2014. La compétence interculturelle est-elle acquise grâce à l'expérience internationale ? Management International 18 : 194–209.
- Chanlat, Jean-François. 2014. « Langue et pensée dans le champ de la recherche en gestion : constats et enjeux et atouts de la langue française ». Gérer et comprendre 115 (1) : 4–17.
- Dávila, Anabella, et Sébastien Point. 2016. « Le langage commun, compétence clef dans les entreprises internationales ». Revue de gestion des ressources humaines 99 (1) : 3‑28.
- Gardody, Julien, et Marie Lebon-Eyquem. 2025. « Gestion des phénomènes de diversité linguistique dans les organisations réunionnaises ». RIMHE : Revue Interdisciplinaire Management, Homme & Entreprise 14 (1) : 62–73.
- Hofweber, Julia, et Sylvia Jaworska. 2022. « Polite Impoliteness? How Power, Gender and Language Background Shape Request Strategies in English as a Business Lingua Franca (BELF) in Corporate Email Exchanges ». Journal of English as a Lingua Franca 11 (2): 223–53.
- Hurmerinta, Leila, Niina Nummela, et Eriikka Paavilainen-Mäntymäki. 2015. “Opening and Closing Doors: The Role of Language in International Opportunity Recognition and Exploitation.” International Business Review 24 (6): 1082–94.
- Kankaanranta, Anne, et Brigitte Planken. 2010. “BELF Competence as Business Knowledge of Internationally Operating Business Professionals.” Journal of Business Communication 47(4): 380–407.
- Kulkarni, Mukta. 2015. “Language-Based Diversity and Faultlines in Organizations. Journal of Organizational Behavior 36 (1) : 128–146.
- Meier, Olivier. 2024. Management interculturel : Négocier, manager et communiquer en contexte interculturel. Paris : Dunod.
- Nickerson, Catherine. 2005. “English as a Lingua Franca in International Business Contexts.” English for Specific Purposes 24 (4) : 367–380.
- Saulière, Julien. 2014. « L’anglicisation, un défi pour les organisations : regards croisés sur l’entreprise et l’enseignement supérieur ». Gérer et comprendre 116 (2) : 54–63.
- Takino, Miyuki. 2019. « Becoming BELF Users: The Learning Process of Business Users of English and Its Conceptualization ». Journal of English as a Lingua Franca 8 (2): 235–67.
- Tenzer, Helene, Siri Terjesen, et Anne-Wil Harzing. 2017. “Language in International Business: A Review and Agenda for Future Research.” Management International Review 57 (5) : 815–854.
- Yates, Joanne, and Wanda J. Orlikowski. 1992. “Genres of Organizational Communication: A Structurational Approach to Studying Communication and Media.” Academy of Management Review 17(2): 299–326.
Calendrier 2026
- Janvier : appel à communications
- 15 juin : envoi des propositions
- 15 juillet : réponse aux auteurs
- 20 novembre : journée d’étude
Envoi des propositions
Envoyez votre proposition à : Philippe Millot (philippe.millot[at]univ-lyon2.fr) et Pascal Moulette (pascal.moulette[at]univ-lyon2.fr).
- Format Word. Nom, prénom, affiliation, titre de la communication, résumé de 500 mots maximum, références bibliographiques.
- Les langues de communication sont le français et l’anglais.
Cette journée d’étude est organisée dans le cadre du projet BELFAURA (lauréat de l’appel à projets internes et interdisciplinaires de l’Université Lumière Lyon 2), et grâce au soutien du Centre de recherche en linguistique appliquée (CeRLA) et de l’unité de recherche Conception de l’action en situation (COACTIS).
Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Porte des Alpes
IUT Lumière, Campus Portes des Alpes